Edito

L’état des lieux

Octobre 2006 : constat de l’état déplorable de la « péniche » au moment de l’acquisition auprès de l’Armée du Salut.

Aussitôt, un relevé de l’existant est effectué par Michel Cantal-Dupart, architecte et professeur au CNAM.

Parallèlement, l’intérieur et l’extérieur sont photographiés en détail.

Le mobilier est inexistant, hormis une chaise dite Thonet et un chevet métal et bois. Signalons la présence d’un distributeur de préservatifs.

Les châssis sont endommagés et hétérogènes: châssis aluminium à bâbord, châssis bois disparates à tribord

La vidéaste Yoko Hata s’est chargée de la vidéo de la
péniche dans son cadre actuel.


Une cuve à fioul extérieure et un chauffage central obsolète ont été installés dans les années 50.

A partir des plans de Le Corbusier, qui nous ont été fournis par la Fondation Le Corbusier, nous avons identifié les éléments d’origine :

  • les 2 seuls châssis (à tribord) qui soient d’origine et que nous conservons à titre de référence
  • l’escalier principal
  • les escaliers en bois des soupentes
  • les soupentes
  • les placards, dont aucun module ne possède de portes. Nous conservons 2 modules (cadres) à titre de référence
  • les poteaux

 

Notre premier travail

Sauvegarder en urgence cette barge en béton de 70 mètres de longueur sur 8 mètres de largeur.

Il a fallu mettre au jour l’ensemble de la coque, y compris les structures des gravelaines et des cloisons étanches, pour pouvoir la faire expertiser par M. Gravot, membre de l’Ordre des architectes, expert agréé par le Ministère des Transports. Des analyses complémentaires ont été effectuées par le Lerm, Laboratoire d’Etudes et de Recherche sur les Matériaux, et par la société UBC Ingénierie. Pour ce faire, les carreaux de plâtre des années 50 et les peintures des bétons ont dû être enlevées. Les fosses non septiques sous plancher ont été curées pour des raisons d’hygiène évidentes.

LES CINQ PATRIMOINES

Le premier patrimoine : la barge en béton, 1919

A terme, le pic avant et le pic arrière resteront bruts et permettront la « lecture » de l’histoire technique des bateaux en béton.
La structure en caissons, le puits de chaîne, le capot coulissant seront visibles.

Le deuxième patrimoine : le nom Louise-Catherine, 1929

L’histoire croisée de Madeleine Zillhardt, de Louise-Catherine Breslau, de la Princesse Singer-Polignac, de Blanche et Albin Peyron, Commissaire Général de l’Armée du Salut, et de Le Corbusier, qui tous participent à la naissance de l’asile flottant Louise-Catherine sera écrite

Le troisième patrimoine, l’oeuvre de Le Corbusier, 1929

  • la perspective des 3 nefs, par enlèvement des ajouts
  • la lumière par la restauration des châssis guillotine (la question de la nature du verre est à l’étude)
  • couleurs d’origine (à déterminer)
  • les poteaux dans leur couleur
  • les escaliers et les soupentes
  • les casiers-placards
  • les cloisons déposées (sanitaires, cuisine, chaufferie), cf. supra
  • l’aboutissement, jamais complètement réalisé, du jardin suspendu
  • le mât et la devise Louise-Catherine

André Guillerme, historien des techniques, professeur au CNAM et JL Cohen, architecte, membre du comité de la Fondation Le Corbusier, seront consultés.

Le quatrième patrimoine : la solidarité, 1929-1994

65 ans de l’histoire de la solidarité envers « les sans-adresse, les sans-repos et les sans-taudis » feront l’objet d’une exposition d’archives (journaux, photographies, films...) de l’Armée du Salut.

Le cinquième patrimoine : le patrimoine du futur, « créer dans le créé », 2009/2019/2029

La couverture du chantier sera réalisée par l’architecte Shuhei Endo
via un gigantesque immense ruban métallique flottant, composé de 3 séquences.

Nous redonnerons ainsi à voir le geste théorisé par Le Corbusier en 1927, à propos de l’agrandissement de villa Church, peu avant la réalisation de la Louise-Catherine, « créer dans le créé »

Ecrire l’histoire du sauvetage de la Louise-Catherine, et des acteurs* de ce sauvetage, depuis la fermeture de l’asile flottant en 1994 jusqu’à son classement par le Ministère de la Culture.

*Jean-Pierre Duport, Président de la Fondation Le Corbusier et son équipe, le Port Autonome de Paris, la Préfecture de Paris et le Préfet Lalande, la SAS Louise-Catherine et l’Association Louise-Catherine

Définir la « programmation » selon le nombre de personnes autorisées à bord :

autorisation large : ERPF

conférences, séminaires, formations sur l’architecture et le fleuve avec la création de petits amphis sans aucun ajout fixe (utilisation de praticables)

autorisation restreinte :

création d’un studio pour la diffusion de conférences, séminaires, formation sur les mêmes thèmes et visites de groupes sur rendez-vous

Prévoir des manifestations originales pour les anniversaires

  • des quatre-vingts ans de la Louise-Catherine, 2009
  • du centenaire de la coque, 2019
  • du centenaire du bâtiment, 2029

Conclusion

Cette oeuvre, emblématique de la « modernité » du XX° siècle et de l’Esprit Nouveau cher à Apollinaire, sera visible et lisible par tous non seulement depuis les quais, rive gauche et rive droite, depuis le pont d’Austerlitz, depuis les bateaux-mouches, mais aussi depuis le métro aérien.

Ce monument sera ainsi restitué dans toutes ses perspectives.

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